Bali accueille plus de 50 000 digital nomads par an, et la question du visa est la première que tout le monde se pose avant de partir. Pendant des années, la réponse était floue : les nomads travaillaient sur des visas touristes, dans une zone grise légalement peu confortable. Mais l’Indonésie a enfin tranché avec le lancement du visa E33G, le Remote Worker Visa. C’est la solution légale officielle pour s’installer à Bali en tant que travailleur à distance. Ce guide vous explique tout ce qu’un Français doit savoir avant de faire sa demande.
Sommaire
1. Pourquoi le visa E33G change tout pour les nomads à Bali
2. Les conditions d’éligibilité : qui peut obtenir le E33G ?
3. La durée et les modalités du visa
4. Les documents à préparer
5. Comment faire la demande : étape par étape
6. La fiscalité pour un Français titulaire du E33G
7. Les alternatives si vous n’êtes pas éligible au E33G
8. Budget et vie pratique à Bali
9. Les pièges à éviter
| ⏱ Pas le temps de tout lire ? Voici l’essentiel : 📱 Le visa E33G : lancé en 2024, c’est le visa légal officiel pour les digital nomads en Indonésie. Il remplace la pratique courante de travailler sur visa touriste. 💰 Revenus requis : 60 000 dollars minimum par an (5 000 dollars/mois) de sources étrangères. 📅 Durée : 60 jours renouvelables jusqu’à 180 jours maximum par séjour. Après, il faut sortir et revenir. 🛣️ Pour les salariés en remote : le E33G est réservé aux employés de sociétés étrangères. Les freelances purs ont des options alternatives (B211A). 💸 Fiscalité : les revenus étrangers ne sont pas soumis à l’impôt indonésien. Mais vous restez redevable en France si vous y êtes résident fiscal. 📊 Budget à Bali : 1 000 à 1 500 euros/mois pour un mode de vie confortable à Canggu ou Ubud. |
1. Pourquoi le visa E33G change tout pour les nomads à Bali

Avant 2024, la grande majorité des digital nomads à Bali travaillaient sur des visas touristes… une pratique techniquement illégale, tolérée dans les faits. Ce flou créait une insécurité juridique permanente : risque d’expulsion, impossibilité d’ouvrir un compte bancaire local, difficulté à signer des baux de longue durée.
Le visa E33G, lancé officiellement en avril 2024, règle ce problème. Il crée un cadre légal clair pour les travailleurs à distance en Indonésie, avec des droits et des obligations clairement définis. C’est la première fois que le gouvernement indonésien reconnaît officiellement le télétravail comme une activité légitime pour un visa de séjour.
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2. Les conditions d’éligibilité : qui peut obtenir le E33G ?
La condition principale : être employé d’une société étrangère
C’est le point le plus important et souvent le plus mal compris. Le visa E33G est conçu pour les travailleurs salariés en remote d’une société enregistrée hors d’Indonésie. Si vous avez un CDI ou un contrat de prestation avec une entreprise française, européenne ou américaine, vous êtes dans la bonne catégorie.
⚠️ Attention : les freelances indépendants qui facturent directement plusieurs clients ne sont pas ciblés par le E33G au sens strict. Pour eux, le visa B211A (social/culturel) est souvent préféré en pratique.
Les conditions spécifiques
- Revenus : minimum 60 000 dollars US par an (5 000 dollars/mois) provenant exclusivement de sources étrangères
- Contrat de travail ou de mission : valide, avec une société non-indonésienne, d’une durée minimale de 3 mois
- Passeport : valide 18 mois minimum à la date de demande (attention, c’est 18 mois, pas 6)
- Solde bancaire : minimum 2 000 dollars USD sur 3 mois consécutifs
- Assurance santé : internationale, couvrant l’Indonésie pour toute la durée du séjour
- Casier judiciaire : vierge (un extrait de casier judiciaire français peut être demandé)
3. La durée et les modalités du visa
Le visa E33G est validé pour une entrée, avec une durée de séjour de 60 jours. Il peut être renouvelé deux fois sur place (auprès des bureaux de l’immigration en Indonésie), pour un séjour total maximum de 180 jours par cycle d’entrée.
Après 180 jours, vous devez sortir du territoire et revenir avec un nouveau visa. La plupart des nomads à Bali organisent un aller-retour à Singapour ou en Malaisie (quelques heures de vol) pour renouveler leur cycle. Cette contrainte est à anticiper dans votre organisation.
Important : le visa E33G ne mène pas à une résidence permanente en Indonésie et ne donne pas accès au marché du travail local.
4. Les documents à préparer
La liste de documents est précise. Un dossier incomplet entraîne le refus. Voici ce qu’il faut préparer :
- Formulaire de demande officiel complété
- Passeport valide 18 mois minimum, avec 3 pages vierges
- Photo d’identité récente, fond blanc
- Contrat de travail ou contrat de mission avec société étrangère, précisant le salaire et le caractère remote de l’activité
- Justificatifs de revenus : 3 mois de relevés bancaires montrant un minimum de 2 000 dollars/mois, fiches de paie ou justificatifs de virement
- Attestation d’assurance santé internationale valide pour l’Indonésie
- Justificatif de logement en Indonésie (réservation d’hôtel, bail, confirmation Airbnb)
- Extrait de casier judiciaire (si demandé par l’ambassade)
💡 Conseil pratique : tous les documents doivent être en anglais ou traduits par un traducteur assermenté. Prévoyez 2 à 3 semaines pour réunir l’ensemble du dossier.
5. Comment faire la demande : étape par étape

Option 1 : Via l’Ambassade d’Indonésie à Paris
La procédure classique. Vous déposez votre dossier en personne (ou par courrier selon les procédures en vigueur) à l’Ambassade de la République d’Indonésie à Paris. Le traitement prend généralement 5 à 10 jours ouvrables. Le visa est apposé sur votre passeport.
Option 2 : Via un agent de visa en Indonésie
Beaucoup de nomads préfèrent passer par un agent de visa basé à Bali, qui gère l’intégralité du dossier depuis Denpasar. Comptez entre 100 et 200 dollars de frais d’agent en plus des frais officiels. Avant de sélectionner un agent, vérifiez ses avis sur les groupes Facebook de la communauté nomad de Bali — les escroqueries existent.
Frais officiels
Les frais de visa varient selon le nombre de renouvellements demandés et le pays de demande. Comptez indicativement entre 150 et 300 dollars pour l’ensemble du processus (visa + premiers renouvellements).
6. La fiscalité pour un Français titulaire du E33G
Bonne nouvelle, l’Indonésie applique un système fiscal territorial. Les revenus provenant de l’étranger ne sont pas soumis à l’impôt indonésien tant que vous n’êtes pas résident fiscal indonésien (ce qui nécessite 183 jours sur l’année fiscale).
Mais attention : si vous restez résident fiscal français, vous continuez à déclarer vos revenus en France et à y payer l’impôt. Le visa E33G ne crée pas d’avantage fiscal automatique pour un Français.
En pratique, la majorité des nomads français à Bali restent résidents fiscaux français et continuent à déclarer normalement. Ils bénéficient du cadre légal indonesien pour vivre et travailler, sans avantage fiscal spécifique.
7. Les alternatives si vous n’êtes pas éligible au E33G
Le visa B211A (visa social et culturel)
C’est la solution la plus utilisée par les freelances et les nomads qui ne remplissent pas les conditions du E33G. Le B211A est un visa de 60 jours renouvelable jusqu’à 180 jours, moins contraignant sur la preuve de revenu, mais toujours dans une zone grise légale pour le travail à distance.
Le visa touriste + eVOA
Pour les séjours courts (moins de 30 jours, extensible une fois), l’eVOA (Electronic Visa on Arrival) suffit. C’est la solution pour tester Bali avant de s’y installer durablement avec un visa approprié.
8. Budget et vie pratique à Bali
Budget mensuel réaliste
- Logement : 400 à 800 dollars pour une villa avec piscine à Canggu ou Ubud. Les meilleures offres se trouvent en cherchant directement sur les groupes Facebook locaux ou sur les sites indo-spécifiques
- Alimentation : 150 à 350 dollars. Un repas dans un warung local (restaurant familial) coûte moins de 2 euros
- Coworking : 100 à 200 dollars/mois (Dojo Bali, Outpost, Hubud)
- Transport : 50 à 100 dollars pour la location d’un scooter + essence
- SIM locale : 10 à 20 dollars/mois pour un forfait data généreux en 4G
💸 Total : 1 000 à 1 500 euros/mois pour un mode de vie confortable.
Les meilleures zones pour s’installer
On a rédigé un article complet sur les meilleures villes où s’installer à Bali, mais pour vous donner un petit aperçu :
📍Canggu : le hub nomad numéro 1, communauté internationale, nombreux coworkings, près de la plage
📍 Ubud : dans les rizières, plus calme, communauté orientée bien-être et créativité
📍Seminyak : plus luxueux, restaurants gastronomiques, vie nocturne
9. Les pièges à éviter
- Travailler sur visa touriste : illégal. Avec le E33G disponible, il n’y a plus de bonne raison de prendre ce risque. En cas de contrôle, l’expulsion est possible
- Choisir un mauvais agent de visa : vérifiez toujours les avis communautaires avant de payer. Ne payez jamais la totalité des frais à l’avance à un agent inconnu
- Négliger la date de validité du passeport : le E33G exige 18 mois de validité minimum… pas 6 mois comme pour la plupart des destinations. Renouvelez votre passeport avant de déposer votre demande
- Oublier de renouveler le visa à temps : le renouvellement doit être fait avant l’expiration. Un dépassement entraîne des amendes et potentiellement une interdiction d’entrée
- La haute saison : en juillet-août et décembre, les prix de logements explosent. Anticipez ou privilégiez les mois de basse saison (novembre-mars)